“Travailler dans l’humanitaire”: Idées reçues et réalités

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Travailler dans l'humanitaire: idées reçues et réalités

Si vous travaillez dans le développement ou l’aide internationale, vous avez sûrement déjà reçu un appel de quelqu’un que vous connaissez de loin : « ma nièce/le fils d’un ami etc ; aimerait travailler dans l’humanitaire. Est-ce que je peux lui donner ton numéro pour que tu puisses lui donner des tuyaux ? ”

Je reste toujours perplexe sur la réponse à donner, et sur la simplicité attendue. Ayant essayé plusieurs fois, sans doute en vain, de donner rapidement quelques explications, je tenterai ici de donner quelques éléments qui me semblent indispensable à un début de compréhension de notre complexe et passionnant domaine d’intervention.

  1. L’ »humanitaire », ce qui n’est pas la même chose que l’aide internationale, n’est pas un métier en soi, mais un secteur d’intervention. Une fois la décision de s’engager prise, reste à faire le choix le plus important, celui d’un métier. Si vous n’êtes pas à l’heure actuelle ingénieur, d’une profession (para-) médicale ou d’un autre métier recherché dans le secteur, le plus probable est que vous deviez faire/reprendre une formation, ce qui peut demander un certain investissement en temps, et sans doute financier. Envisagez-vous de faire ce métier à long terme, pour que cet investissement en vaille la peine, ou souhaitez-vous donner un sens à un voyage ?
  2. Définissez votre projet. Partir une semaine ou deux, voir plusieurs mois, en payant tous ses frais, incluant ceux d’une structure qui organise votre séjour, sur des thématiques souvent liées à la construction ou à l’animation, n’a rien à voir avec un engagement à long terme, où vous serez au minimum indemnisé, et pour lequel vous serez passé par un processus classique de recrutement. Nous n’avons aucun doute sur les bienfaits qu’apportent le premier type de séjour, mais il faut rester humble et garder en tête qu’il s’agit avant tout de tourisme, et d’une expérience, bien qu’elle soit souvent forte et une ouverture à d’autres types d’engagement, personnelle.
  3. Ainsi, gardez en tête que l’on fait avant tout cette expérience pour soi, et l’effet qu’elle peut produire sur les autres. Évitez absolument les séjours dans des orphelinats, pour de nombreuses raisons que nous pourrons développer dans un autre article, la principale étant que dans le cas d’enfants ayant des problèmes importants d’attachement, le passage fréquent de volontaires et la création de liens parfois profonds et brutalement interrompus provoque une aggravation de ces difficultés. Pour vérifier si ce projet à un sens, imaginez la situation inverse : trouveriez-vous normal que des volontaires africains sans qualifications spécifiques viennent enseigner en Europe dans un centre pour enfants en difficulté, ou même une école?

Loin de nous l’idée de décourager les vocations altruistes, même à court terme : l’engagement, le voyage et la rencontre d’autres cultures ont toujours un impact positif. Il nous a simplement semblé important d’y apporter quelques éléments de réflexion. Le débat continue !

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